Bourse 1995

« Dès 1993 j’ai commencé un travail de recherches picturales sur les fresques de Piero della Francesca accompagné par la lecture d’un livre écrit en 1265 par Jacques de Voragine sur l’invention de la croix et l’exaltation de la vraie croix considérées comme la source du cycle de la Vraie Croix de Piero della Francesca (…)  En 1997, à Arezzo, face aux fresques un véritable choc : Piero della Francesca savait parfaitement créer l’illusion de la profondeur grâce à la perspective et la façon dont il posait la lumière mais il pouvait en même temps comprimer les objets dans un plan frontal, créant un espace symbolique où les formes ne sont ni complètes ni tout à fait lisibles, une sorte de piège à regard. C’est ce jeu qui me fascina (…) et je compris que je devais me situer vraiment du côté de la peinture et mettre de côté le caractère historique et religieux. (…)

Le dessin qui se situe du côté de la pensée, proche d’une écriture automatique, atomise parfois de lui-même le sujet et j’avance ainsi en faisant des digressions qui me conduisent ailleurs. A cette époque j’ai donc réalisé une série d’œuvres qui mêlent différents aspects en utilisant une technique qui s’approchait de la fresque : on y retrouvait des imbrications de maisons, des lignes, des plans, des parties de corps humain ou animal que m’avaient inspiré les fresques.